Ophelia et sons cygne

Ophelia et sons cygne

lundi 13 juillet 2015

Présentation

5 décembre 1979 : premier jour du reste de ma vie

Ecole, Collège et Lycée à Saint-Palais 64
Ma vie solitaire tissée au fil des mots des livres que je lis, avidement …
De mes dessins aussi et poèmes, baumes adoucissant une
adolescence d’écorchée-vive…

En 1997,
-Je passe mon bac scientifique
-Je passe mon permis ainsi que le Concours d’Entrée aux
Beaux-Arts de Pau, à la Villa Formose…
-J’ai une révélation en parcourant l’ouvrage fantastique de
Florence de Mèredieu, « Histoire Matérielle et Immatérielle de l’Art Moderne »… La voie de l’Art s’ouvre à moi, comblant mes deux attentes
plastique et philosophique…

Découverte de Joseph Beuys et de sa façon de voir le monde à
« travers une constellation de quelques parcelles de matière » et de tout son travail sur la matière du feutre dans ses installations.
Dès lors je comprends que l’imaginaire que je me suis créé
petit-à- petit dans mon enfance ainsi que les milles sentiments qui m’étreignaient
dans ma jeunesse forgeront la souche de tout mon travail artistique qui sera
aussi une sorte de catharsis –sans n’être que cela seulement car l’Art et mon
Art à moi se doit d’être au plus proche d’une universalité, en tissant un pont
entre moi et Autrui…
L’art comme moyen de partage d’émotions…
Mon parcours aux Beaux-Arts de 1997-99 à Pau puis Nantes de
99 à 2002 m’apportera un indéniable besoin de positionnement dans ma vie de
tous les jours comme dans ma Vie de femme artiste et située aux côtés de mes
contemporains et non dans le même moule, définitivement avec une vision
particulière, non qu’elle soit meilleure ou moins bien, juste différente et hors
des conventions et des idées reçues…

J’ai appris à réfléchir aux Beaux-Arts à m’interroger, cela
dit je suis une pure autodidacte quant aux médiums que j’utilise, tant l’aquarelle,
que le dessin, la peinture ou la littérature et mes poèmes…
Aux Beaux-Arts de Nantes (3e à 5e
année), il n’y a plus de cours de dessin, on y vit à ce moment-là une époque
quasiment toute-conceptuelle.
Je persiste dans la peinture, je découvre vidéos,
performances et installations que je commence à m’approprier pas-à-pas,
toujours dans les pas de Joseph Beuys, Rebecca Horn, et aussi avec une manière de sentir l'Art
toute poétique et littéraire de l’univers de Patrick Corillon, professeur à l’Ecole
Régionale des Beaux-Arts de Nantes et son personnage d’Oskar Serti…
Je reste fortement influencée par ces maîtres…

Et mène mon « Fluctuat Nec Mergitur » au gré du
ressac de la vie, de ma vie chancelante, donc enrichissante et me construisant
sans cesse au quotidien…

vendredi 10 juillet 2015

Fiche Technique de l'oeuvre

Titre : Ophélia La noyée...?

Auteur : Miren Laxague


Dimensions : 150 x 50 cm


Technique : acrylique et collage sur toile


Année : 2014





esquisse


détail



détail


détail

OPHELIE que j'accompagne de mon poème "JE CROIS QUE..." 

Mon Ophélie est un reflet qui disparaît dans un songe et retrouve une corporéité au réveil

Avec des collages intégrés de Gustav KLIMT (feuilles d'or) afin de garder une notion de sacré ou d'adoration, peut-être la métaphore de Narcisse et de son reflet dans l'eau dans lequel il se noie.

Le Cygne Blanc est l'image d'une libération des angoisses






JE CROIS QUE
...Ophélia s’est noyée ce soir…


J’avais pourtant
Mes yeux bien ouverts
Mes oreilles attentives
Au moindre des moindres
Bruissement étrange…
J’étais penchée
Sur la rive
Les pieds mouillant
Dans l’eau limpide et
Fraîche du torrent
Perpétuelle telle que...
J’ai du m’endormir…
J’ai vu mon reflet
Tout seul s’en aller
Ondoyant sous le miroir
Des gouttes qui l’attirent
Toujours plus loin de moi…
J’ai bien tenté de me lever
Mais la tête me tournait
Mes idées embrouillées
Brouillaient mes yeux embués
J’ai couru sur la berge...
Mais Ophélie est partie
Dans l’onde ravisseuse…


Je crois bien qu’elle
S’est noyée
Ce soir...
J’ai bien tenté de
La faire revenir
J’ai même rêvé qu’elle
M’embrassait
Mais c’était juste
Un peu de rosée
De brume de ruisseau…
Puis le soleil m’a réveillée
Mon amie d’âme m’a souri
Mon Ophélie n’est-elle jamais partie ?
Ma tête est lourde
Mes yeux sourds...
Et je m’endors dans son odeur
De lys en fleur…
J’ai eu si peur...


MirenL


Ma toile fait référence au tableau Préraphaélite de John MILLAIS. Il est souvent accompagné du très beau poème de Rimbaud, "OPHELIE"


John Everett Millais - Ophélie (1852)

I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or
II
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !
III
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Arthur Rimbaud